(Photo Freepik)
Le carton, proche parent du papier, offre une multitude de possibilités dans les applications graphiques. Il serait d’ailleurs plus juste de parler des cartons au pluriel, tant leurs formes et propriétés sont variées, allant des cartons sulfates aux cartons ondulés. La plupart peuvent être imprimés, et il n’est pas rare que les graphistes les détournent pour créer des supports originaux, comme des invitations ou des menus.
Savez-vous quelle est la différence entre le papier et le carton ? Ce n’est pas la matière première : tous deux sont faits de cellulose végétale. Ce n’est pas non plus le grammage (autrement dit le poids), ni l’épaisseur : il existe des papiers très épais qui peuvent atteindre le grammage d’un carton (on les désigne sous le nom de « papiers forts » ou de « carte »), de même qu’il existe des cartons légers, pas plus lourds qu’un papier fort.
Des cartons pour tous les goûts
La vraie différence, c’est leur structure : en fabrication, le papier est toujours constitué d’un seul jet de pâte (même s’il peut ensuite recevoir une « couche » de finition, ce qui en fait un « papier couché »), tandis que le carton est composé de plusieurs jets, qui n’ont pas forcément la même composition ; c’est un peu comme si on accolait plusieurs papiers. On peut d’ailleurs observer très facilement cette structure en déchirant un carton (par exemple, celui d’une boîte de corn-flakes) : la déchirure fait apparaître les couches.
Quel intérêt ? Sans trop entrer dans les détails techniques, combiner différents types de pâte permet d’exploiter au mieux leurs qualités respectives : les cartons GC1 ou GC2, par exemple, sont composés à cœur d’une pâte dite « mécanique » (non blanchie), couverte de pâte blanchie sur une face ou sur les deux. La pâte mécanique leur apporte résistance et rigidité, tandis que la pâte blanchie leur confère de l’élégance et offre une bonne qualité d’impression, d’autant meilleure si la face extérieure est couchée.

La nomenclature des cartons comprend bien d’autres références, désignées par autant de sigles. En haut de la gamme figurent les GZ ou cartons sulfates, uniquement composés de pâte blanchie. D’une plus grande blancheur que les cartons GC, ils sont aussi plus résistants aux manipulations. On les utilise principalement dans l’emballage de luxe, mais aussi pour fabriquer des cartes de vœux, des couvertures, des menus, etc. À l’autre bout de la gamme, les GD1 et GD2 désignent des cartons gris, généralement à base de fibre recyclée.
Léger et solide : le carton ondulé
Et encore, il ne s’agit là que des cartons « graphiques ». Le monde des cartons est encore bien plus vaste quand on y inclut les cartons ondulés. L’idée est simple : une feuille de papier cannelé, collée sur une feuille de carton plat. C’est le carton ondulé « simple face », qui devient « double face » si l’on colle une deuxième feuille de couverture de l’autre côté du papier cannelé. La structure en trois dimensions répartit les forces de pression et augmente la résistance du carton aux déformations. Pour la renforcer encore, on peut ajouter une couche supplémentaire de papier cannelé (et une feuille de couverture) : on obtient ainsi du « double cannelé », voire du « triple cannelé » ; là aussi, il existe une multitude de références, selon le type de cannelures et le nombre d’épaisseurs.
Un support créatif
À la fois rigide et léger, facile à manipuler mais capable de supporter de lourdes charges, le carton ondulé offre une solution idéale, non seulement pour le transport mais aussi pour la PLV – la publicité sur lieu de vente : on peut en faire des structures légères comme des présentoirs, des décors, voire des tables ou des chaises destinées, par exemple, aux stands de foire et aux événements.

Polyvalent, robuste, peu coûteux, facile à transformer, à plier, à découper, écologique car recyclable, le carton séduit de plus en plus les designers. Last but not least, l’évolution des techniques de fabrication et d’impression permet aujourd’hui d’exploiter pleinement son potentiel graphique dans les applications les plus créatives, autorisant la reproduction fidèle des images et des couleurs.
En quête d’inspiration ? Pensez carton !


